Les bains froids en hiver, on valide ou pas?
- anne-sophie Tyc
- 15 déc. 2025
- 5 min de lecture
Dans ma pratique, j’ai souvent des questions sur les bains froids dans le lac en hiver:
“Est-ce que c’est bon pour la santé ?”, “Ça renforce le système immunitaire ?”, “Est-ce que ça me fait du bien même en période de fatigue ?”
Autant de questions légitimes. Les recherches scientifiques récentes montrent des effets potentiels positifs (stimulation circulatoire, bien-être, adaptation au froid, meilleure humeur), mais aussi des effets variables selon les personnes, et parfois un stress physiologique marqué, inflammation aiguë, choc thermique… Il n’y a donc pas de garantie universelle. C’est pourquoi, comme pour toute approche issue à la fois de la médecine contemporaine et traditionnelle ( naturophatie européenne ), il me semble important de rester à l'écoute de soi, prudent, et de ne jamais s'imposer une pratique quelle qu'elle soit.
Quand l’hiver s’installe, l’idée de plonger dans une eau froide, un petit plouf au lac, évoque pour beaucoup un défi physique. Pourtant, certaines personnes adoptent cette pratique comme un rituel de santé. Selon plusieurs traditions et approches, parfois complémentaires, le froid peut avoir des effets intéressants… mais aussi des limites.
❄️ Perspective de la médecine traditionnelle chinoise (MTC)
En MTC, le froid est généralement considéré comme une énergie “perverse” quand il pénètre l’organisme. Le froid, s’il agresse le corps, peut ralentir la circulation du sang et du Qi, entraîner une stagnation, affaiblir le “Yang” source d’énergie, de chaleur, de vitalité.
En hiver, la MTC recommande souvent de préserver la chaleur du corps, notamment des extrémités (pieds, mains), ainsi que de la tête, afin de protéger le “Yang”.
Plonger dans l’eau froide ou s’exposer au froid intense peut déséquilibrer cette harmonie énergétique, avec des effets possibles sur la digestion, le cycle menstruel, la vitalité, la résistance globale.
La tradition MTC privilégie plutôt donc le chaud l’hiver bains de pieds aux plantes ou au sel de la mer morte, repas et boissons chaudes pour soutenir les reins, l’énergie vitale, la circulation du sang et du Qi, et maintenir l’équilibre interne.
→ En résumé : d’un point de vue traditionnel, l’immersion dans l’eau froide en hiver apparaît comme contre-naturelle, c’est un risque pour le “Yang”, la circulation, l’équilibre énergétique, surtout si le corps n’est pas préparé ou fragilisé. Ce type de pratique est souvent déconseillé en période froide, sauf dans des contextes très spécifiques et avec précautions.
🧪 Regard selon la naturopathie européenne et scientifique (et recherches contemporaines)
D’un point de vue plus « scientifique », les bains froids suscitent un intérêt croissant, notamment avec plusieurs personnalités mettant en avant les bienfaits comme Wim Hof. Plusieurs études récentes examinent ses effets physiologiques et psychiques, mais les résultats sont nuancés. Voici un résumé des principaux points.
Effets potentiels positifs
L’exposition au froid déclenche un stress thermique, le corps réagit, mobilise les systèmes de thermorégulation, provoque une vasoconstriction périphérique puis, à la sortie, une vasodilatation, ce qui peut améliorer la circulation sanguine.
Certaines personnes rapportent une sensation de “revigoration”, une montée d’adrénaline, d’énergie, une stimulation, après la sortie de l’eau froide, un effet euphorisant, un “boost”. CSS+2atria.org+2
Sur le plan psychique, des auteurs évoquent une possible amélioration de la résilience, du bien-être, un effet “anti-dépressif” pour certains, ainsi qu’une réduction du stress quelques heures après l'immersion. MDPI+2MDPI+2
Chez certaines personnes souffrant de pathologies comme des douleurs chroniques (arthrite, fibromyalgie, etc.), l’immersion régulière a été associée à un certain soulagement — peut-être via des mécanismes anti-inflammatoires ou une modulation nerveuse. MDPI+1
Mais les preuves sont partielles, nuancées, et les risques réels
Une revue systématique récente a observé qu’immersion en eau froide (≤ 15 °C) entraînait souvent une réponse inflammatoire aiguë juste après l’immersion, ce qui peut poser problème pour des personnes fragiles, ou si l’immersion est trop longue. PubMed+2Healthline+2
Les effets bénéfiques sur le système immunitaire ne sont pas démontrés de façon constante : certains indices suggèrent une meilleure résilience, mais les résultats varient selon les protocoles, la régularité, la durée, etc. atria.org+2Harvard Health+2
Pour les personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires, de tension élevée, de circulation fragile, ou des pathologies chroniques, le froid soudain peut être dangereux : choc thermique, stress sur le cœur, modifications de la circulation sanguine, respiration brusque, etc. PMC+2The Guardian+2
L’étude la plus rigoureuse rappelle que ce type d’approche ne remplace pas une hygiène globale, une alimentation adaptée, un bon équilibre de vie, l’immersion froide reste un “outil parmi d’autres”, avec des effets variables selon les personnes. Harvard Health+2atria.org+2
Pourquoi on évite en période de règles ( selon la médecine chinoise )
Vu par le prisme de la MTC : durant les menstruations, le corps de la femme subit un grand rééquilibrage interne (perte de sang, régulation hormonale, transformation énergétique). Si le froid, surtout intense vient perturber la circulation du sang et du Qi, cela peut aggraver des déséquilibres : douleurs, stagnation, fatigue, troubles digestifs ou circulatoires.
En MTC, on cherche souvent à maintenir la chaleur intérieure, stabiliser le “Yang”, afin de soutenir l’énergie vitale et faciliter le bon déroulement du cycle. Une exposition au froid intense serait donc déconseillée.
Du point de vue occidental : l’immersion en eau froide provoque un stress pour l’organisme réactions inflammatoires, activation du système nerveux et cardiovasculaire, vasoconstriction, etc. Ces effets peuvent être plus “coûteux” pour le corps en période de menstruation, quand certaines ressources physiologiques sont déjà engagées dans la régulation hormonale et circulatoire. Par précaution, éviter un stress supplémentaire (froid intense, choc thermique) me semble raisonnable.
Une approche nuancée et respectueuse de soi
Si tu ressens le besoin de tester un bain froid, fais-le en conscience, en écoutant ton corps, sans pression. Si ton corps réagit bien, cela peut apporter un ressenti de vitalité, de renouveau, un mieux-être ponctuel, mais ce n’est pas un remède universel.
Les conseils que je peux donner aux personnes qui pratiquent ou veulent pratiquer les bains froids en hiver :
Y aller progressivement : d’abord des douches légèrement fraîches, surfaces d’eau modérément froide, des immersions courtes.
Respecter les phases sensibles : menstruations, fatigue, périodes de stress avec épuisement, dans ces cas, privilégier le chaud, le repos, des soins adaptés.
Maintenir l’équilibre global physique, énergétique, alimentaire (selon la MTC) : hydratation, alimentation adaptée, prendre soin de son yang, repos, conscience corporelle.
Prendre le bain froid comme un accompagnement, pas comme une prescription rigide, un soutien possible, un outil parmi d’autres.
✨ En conclusion
Les bains froids représentent un pont entre des traditions anciennes (MTC, hydrothérapie européenne) et des découvertes contemporaines. Ils peuvent offrir des effets stimulants, une sensation de renouveau, un éveil corporel, une possible amélioration du bien-être psychique ou de la circulation. Mais les risques existent, choc thermique, inflammation, stress physiologique, déséquilibres énergétiques.
Mon expérience avec les bains froids :
Ayant souvent très chaud, une mauvaise circulation sanguine, je pourrais avoir envie de faire des bains l'hiver, cependant j'ai également peu de réserves de part ma constitution mais aussi mon mode de vie ( travail+études ). Je ne pratique donc pas les ploufs dans le lac l'hiver, et surtout pas avant mes règles car cela impact beaucoup mon cycle.
Cependant, il m'arrive de me baigner dans le lac ponctuellement par temps froid ( 1 fois par année si je devais faire une moyenne ).
Pourquoi faire ? quand j'ai des besoins de renouveau ( je l'ai deja fait un 1er janvier à l'aube... ) ou dans des periodes émotionnellement lourdes, cela me donne un sentiment de laisser mes soucis dans le lac et de me donner un coup de boost pour la suite.
Est-ce prouvé scientifiquement? Non.
Ai-je besoin que cela le soit ? Non plus.
Cela m'aide ponctuellement sans altérer ma santé globale.
L’expérience, l’écoute de soi, le respect du rythme individuel importent davantage que la performance ou la croyance en un “bienfait universel”.

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